Qu’aurais-tu fais, à ma place ?

J’ai voulu créer ce blog pour deux choses : pour partager et surtout pour écrire. J’adore écrire. Je suis de cette génération qui a connu le « journal intime«  et écrire dedans tous les soirs pour raconter ma vie, mes journées, mes coups de blues, ca me faisait énormément de bien – allez savoir pourquoi. Aujourd’hui j’ai un peu le moral dans les chaussettes et j’ai besoin de revenir ici pour : ÉCRIRE ! Alors voilà, l’histoire.

L’année dernière, à la même période, j’ai vécu un des moments les plus durs de ma vie. Ce moment où un être que vous aimez par dessus tout, sans qui sans elle vous ne serez rien, tombe du jour au lendemain malade. Ce moment où vous n’êtes pas aller lui rendre visite pendant deux jours alors que c’est normalement un rdv quotidien. Comme dans trop souvent de cas, c’est durant ces deux jours d’absence, que cette personne s’est trouvée être entre la vie et la mort. Cette nouvelle je l’ai mal vécue et les jours suivants c’était pire.

A cette période, j étais en stage depuis 3 mois. C’était le genre de stage que toute personne aurait aimé avoir sur son cv alors que, ma foi, il y avait rien de bien fou dans les missions. Mais le nom prestigieux du service dans lequel j étais allait faire joli sur mon CV. C’était aussi et surtout, le stage de fin d’études, le stage de mon master donc le stage le plus important que je voulais à tout prix réussir. Les services de réanimation dans les hôpitaux n’ouvrent qu’à des heures bien précises pour les visites. J’avais donc juste que quelques heures pour la voir à partir de 13h. Tous les jours je me rendais à mon stage en ville à Marseille avec ma voiture pour qu’à ma pause déjeuner de midi je puisse aller rapidement lui rendre visite et revenir à l’heure au bureau. Les semaines passent et elle est toujours à l’hôpital, dans des services différents, plus souples en termes d’horaires de visite. Je m’y rendais toujours le midi et puis aussi le soir à la sortie du bureau. J’ai délaissé mes « ambitions professionnelles«  pour être près d’elle le plus possible tant que je le pouvais.

Et puis un jour, un midi, je n’y suis pas allée. Son état se stabilisait mais il restait tout de même fragile… Je suis restée au bureau manger avec cet homme au grand cœur, mon « Jean-Michou » de son petit surnom. Cet homme complètement hostile à tous changements, comme j’aimais le lui dire, mais qui m’a tellement apprit humainement. Il était au courant de tout avec son acolyte « Antoinou ». C’était mes deux repères de ce stage et heureusement que je les avais près de moi.
Donc ce midi là, je déjeune avec mon Jean Michou au bureau et je lui dis que je ne sais pas si ce soir j’irai à l’hôpital lui rendre visite car je suis épuisée, fatiguée, autant physiquement que moralement. Un jour entier sans la voir… et là il me dit « et elle, elle aurait fait quoi à ta place ? ». Et je lui ai répondu : « elle serait venue peu importe son état. »

Cette phrase m’a fait un electrochoc. Parfois il suffit de mots simples mais essentielles pour vous rappeler combien il est important de s’oublier un peu, de moins penser à sa petite personne et d’être surtout présent pour les personnes qui l’ont toujours été envers nous. Évidemment, je suis allée la voir juste après le travail et je crois même que ce soir la j y suis restée jusqu’à 22h. Peu importe ma fatigue, elle avait besoin de moi, j avais besoin de la voir, d’être près d’elle. Elle aurait fait ça pour moi donc je me devais d’être là et le lui rendre deux fois plus même !

Dans un monde où les gens sont beaucoup trop tournés sur eux même, cette petite question « qu’aurait-t-il fait à ma place ? » prend tout son sens. Avec cette question, on prend réellement conscience de tout ce que la personne est capable de faire pour vous, tous les sacrifices qu’elle a fait et tout ce qu’elle est capable encore de faire et cela souvent par amour. Avec les aléas de la vie, les petites disputes ou discordes, les faux problèmes comme j’aime les appeler, on a vite tendance à oublier tout ça. En vous posant cette question, on arrive à reprendre ces esprits et à mettre en évidence l’essentiel.

Et c’est ça, l’Amour. Prendre le temps pour les personnes qui ont tout fait pour vous. Les remercier en étant près d’eux le plus possible. Se mettre à leur place quant il y a des choix à faire et seulement ensuite, agir.

Il y a une photo sur Pinterest qui colle assez bien à tout ça aussi. Sur cette photo c’est écrit :
« Avant de parler : PENSE.
P : est ce positif ?
E : est-ce exact ?
N : est-ce nécessaire ?
S : est-ce sage ?
E : est-ce enrichissant ? »

Si seulement les gens pouvait avoir tous ces raisonnements plus souvent dans leurs vies … Aujourd’hui avant de prendre des décisions, avant de parler sur quelqu’un ou à quelqu’un, avant de faire des choix, j’essaye maintenant de me poser maintenant ces questions :

« Et cette personne aurait fait quoi à ma place ? »

« Aurait-t-elle dit ça aussi de moi ? »

« Aurait-t-elle réagit comme je l’ai fais ? »

Et souvent, on se rend compte qu’on a parfois fait/dit des choses de la mauvaise manière…

Tout ça, toute cette réflexion, c’est grâce à des rencontres, et quelles rencontres ! Ces rencontres qui vous enrichissent d’enseignements qui ne seront présents sur aucun CV mais qui vous apprennent pourtant l’essentiel : le savoir-être. Celles qui vont font grandir, tout simplement, et qui vous feront devenir la meilleure version de vous même. Alors merci à mon duo d’amour de la CEPAC pour ce que vous m’avez fait devenir.

Sinon, pour le mot de la fin, elle va beaucoup mieux. Son rétablissement est presque un miracle. Dans deux mois c’est mon anniversaire et je me souviens lui avoir dit l’année dernière quelques jours avant sur son lit d hôpital que le plus beau des cadeaux qu’elle pouvait me faire c’était de sortir de là et de rester encore près de moi. Depuis, je l’use de ma présence, mais je suis la plus heureuse, et elle aussi je crois 

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